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Agriculture
Agriculture – septembre 2004
Une agriculture soumise à concurrence
L’expansion urbaine et industrielle, les réseaux et les infrastructures sont fortement consommateurs d’espace. Le relief contraignant accentue la concentration spatiale de ces aménagements en exacerbant les pressions sur les milieux naturels et la concurrence sur l’utilisation des sols et le marché foncier.
Les effets induits sur l’agriculture et l’environnement, qui font aussi l’attrait du département, peuvent être irréversibles.
En 2002 la surface agricole utilisée occupe 303 301 hectares soit 38 % du territoire. Plus de 30 000 hectares ont disparu en vingt ans. Le territoire agricole se situe pour 45% en zone de montagne ou de piémont et les véritables plaines faciles à cultiver représentent environ 40 000 hectares, soit 12 % de la surface agricole.
Dans le même temps, la forêt a gagné par contre près de 11 .000 hectares.
La surenchère du foncier place souvent l’agriculture dans une attitude de défense. La maîtrise de la péri-urbanisation, le maintien d’une agriculture pérenne et viable et la qualité de l’environnement constituent les préoccupations majeures du sillon alpin.
L’agriculture, diversifiée et bien présente malgré la diminution constante du nombre de ses exploitants, abandonne progressivement certains espaces non mécanisables. Face aux attentes de la société, elle développe aussi de nouvelles pratiques agricoles, notamment agroenvironnementales.
Une mosaïque de productions
Les principales productions sont les céréales, les bovins et les fruits.
Les bovins restent la première production animale malgré une diminution des effectifs depuis douze ans. Le troupeau de vaches laitières enregistre 30 % de baisse depuis 1988. Par contre l’effectif des vaches nourrices augmente de 61 %.
Les petites exploitations s’équipent d’ateliers de transformation pour mieux valoriser leurs produits. Des éleveurs de chèvres, des naisseurs engraisseurs de porcs, transforment leur production et vendent fromages et charcuterie ; des producteurs de céréales bio commercialisent leur pain.
La croissance de l’horticulture est spectaculaire (+ 50 %) avec 517 hectares. Ce secteur participe à 7 % du potentiel agricole du département.
La diversité des productions agricoles iséroises reflète la disparité des secteurs géographiques. Ainsi l’Oisans, le Valbonnais et Belledonne produisent essentiellement des ovins et des caprins. Dans le Vercors et en Chartreuse l’élevage de bovins laitiers domine. L’AOC Bleu du Vercors Sassenage stimule particulièrement la production laitière de ce massif. Le Nord de l’Isère est essentiellement orienté vers les grandes cultures céréalières ou les cultures associées à l’élevage d’herbivores. Les cultures fruitières sont très présentes dans la vallée du Rhône et sur le plateau de Louze. Quelques communes de la vallée du Haut Grésivaudan se spécialisent dans le maraîchage et l’horticulture. La région de Beaurepaire est l’une des régions françaises productrices de tabac. Toute la vallée du Grésivaudan est le terroir de la noix qui bénéficie de l’AOC Noix de Grenoble.
Baisse de la main d’œuvre agricole familiale
Au recensement agricole 2000, l’Isère compte 9 571 chefs d’exploitations ou coexploitants (22 % sont des femmes). Les moins de 40 ans représentent 23 % de la population et les plus de 65 ans 14 %.
Les actifs non saisonniers sont constitués essentiellement par la main d’œuvre familiale. Il représentent 8920 emplois à temps plein. Cette main d’œuvre est en régression car les conjoints et autres membres de la famille travaillent de plus en plus à l’extérieur pour apporter un revenu complémentaire
Les salariés permanents sont surtout présents dans les exploitations spécialisées en fruits, vignes ou horticulture. Depuis 1988 les emplois salariés stagnent, ils représentent 1000 emplois à temps plein.
Les exploitations s’agrandissent et se spécialisent
Entre 1988 et 2000, une exploitation sur trois a disparu . Au dernier recensement, l’Isère compte 8 808 exploitations. Les installations ne compensant pas les départs, l’agrandissement des structures restantes se poursuit.
Les structures dites professionnelles représentent près de la moitié des exploitations. En douze ans, leur superficie agricole utile a augmenté de moitié, plus rapidement que les autres structures. Elle est en moyenne aujourd’hui de 51 hectares.
Depuis 1988, les exploitations professionnelles tendent à se spécialiser dans les céréales et les oléo-protéagineux (tournesol, colza, pois, soja …). Sous l’effet de la politique agricole commune, les unités orientées vers ces cultures représentent aujourd’hui le quart des exploitations.
Le revenu stagne malgré la diversification
La production totale s’élève en 2002 à 483 millions d’euros dont 57% pour les productions végétales, 38% pour les productions animales et 5% pour les services.
Le revenu net de l’entreprise agricole représente par actif non salarié 7 000 € en 2002, chiffre inférieur à la moyenne régionale et qui a peu augmenté depuis le dernier recensement.
Ces résultats présentent de grandes disparités. Il est intéressant de signaler :
· que les producteurs de fruits connaissent des difficultés depuis dix ans (gel, grêle et mévente des fruits) se répercutant sur le revenu par actif,
· que le développement de la pluri-activité chez les chefs d’exploitation (30 %), mais aussi l’emploi extérieur pour les autres membres de la famille génère des revenus complémentaires. Non intégrés au revenu de l’exploitation agricole, ils participent largement à l’équilibre du budget familial,
· que l’agriculture iséroise ouverte sur les marchés de proximité, résiste mieux aux crises conjoncturelles.
En complément, ci-après, voir les chiffres du mémento Agreste Rhône-Alpes
et les articles rubrique agricultureUne agriculture soumise à concurrence
L’expansion urbaine et industrielle, les réseaux et les infrastructures sont fortement consommateurs d’espace. Le relief contraignant accentue la concentration spatiale de ces aménagements en exacerbant les pressions sur les milieux naturels et la concurrence sur l’utilisation des sols et le marché foncier.
Les effets induits sur l’agriculture et l’environnement, qui font aussi l’attrait du département, peuvent être irréversibles.
En 2002 la surface agricole utilisée occupe 303 301 hectares soit 38 % du territoire. Plus de 30 000 hectares ont disparu en vingt ans. Le territoire agricole se situe pour 45% en zone de montagne ou de piémont et les véritables plaines faciles à cultiver représentent environ 40 000 hectares, soit 12 % de la surface agricole.
Dans le même temps, la forêt a gagné par contre près de 11 .000 hectares.
La surenchère du foncier place souvent l’agriculture dans une attitude de défense. La maîtrise de la péri-urbanisation, le maintien d’une agriculture pérenne et viable et la qualité de l’environnement constituent les préoccupations majeures du sillon alpin.
L’agriculture, diversifiée et bien présente malgré la diminution constante du nombre de ses exploitants, abandonne progressivement certains espaces non mécanisables. Face aux attentes de la société, elle développe aussi de nouvelles pratiques agricoles, notamment agroenvironnementales.
Une mosaïque de productions
Les principales productions sont les céréales, les bovins et les fruits.
Les bovins restent la première production animale malgré une diminution des effectifs depuis douze ans. Le troupeau de vaches laitières enregistre 30 % de baisse depuis 1988. Par contre l’effectif des vaches nourrices augmente de 61 %.
Les petites exploitations s’équipent d’ateliers de transformation pour mieux valoriser leurs produits. Des éleveurs de chèvres, des naisseurs engraisseurs de porcs, transforment leur production et vendent fromages et charcuterie ; des producteurs de céréales bio commercialisent leur pain.
La croissance de l’horticulture est spectaculaire (+ 50 %) avec 517 hectares. Ce secteur participe à 7 % du potentiel agricole du département.
La diversité des productions agricoles iséroises reflète la disparité des secteurs géographiques. Ainsi l’Oisans, le Valbonnais et Belledonne produisent essentiellement des ovins et des caprins. Dans le Vercors et en Chartreuse l’élevage de bovins laitiers domine. L’AOC Bleu du Vercors Sassenage stimule particulièrement la production laitière de ce massif. Le Nord de l’Isère est essentiellement orienté vers les grandes cultures céréalières ou les cultures associées à l’élevage d’herbivores. Les cultures fruitières sont très présentes dans la vallée du Rhône et sur le plateau de Louze. Quelques communes de la vallée du Haut Grésivaudan se spécialisent dans le maraîchage et l’horticulture. La région de Beaurepaire est l’une des régions françaises productrices de tabac. Toute la vallée du Grésivaudan est le terroir de la noix qui bénéficie de l’AOC Noix de Grenoble.
Baisse de la main d’œuvre agricole familiale
Au recensement agricole 2000, l’Isère compte 9 571 chefs d’exploitations ou coexploitants (22 % sont des femmes). Les moins de 40 ans représentent 23 % de la population et les plus de 65 ans 14 %.
Les actifs non saisonniers sont constitués essentiellement par la main d’œuvre familiale. Il représentent 8920 emplois à temps plein. Cette main d’œuvre est en régression car les conjoints et autres membres de la famille travaillent de plus en plus à l’extérieur pour apporter un revenu complémentaire
Les salariés permanents sont surtout présents dans les exploitations spécialisées en fruits, vignes ou horticulture. Depuis 1988 les emplois salariés stagnent, ils représentent 1000 emplois à temps plein.
Les exploitations s’agrandissent et se spécialisent
Entre 1988 et 2000, une exploitation sur trois a disparu . Au dernier recensement, l’Isère compte 8 808 exploitations. Les installations ne compensant pas les départs, l’agrandissement des structures restantes se poursuit.
Les structures dites professionnelles représentent près de la moitié des exploitations. En douze ans, leur superficie agricole utile a augmenté de moitié, plus rapidement que les autres structures. Elle est en moyenne aujourd’hui de 51 hectares.
Depuis 1988, les exploitations professionnelles tendent à se spécialiser dans les céréales et les oléo-protéagineux (tournesol, colza, pois, soja …). Sous l’effet de la politique agricole commune, les unités orientées vers ces cultures représentent aujourd’hui le quart des exploitations.
Le revenu stagne malgré la diversification
La production totale s’élève en 2002 à 483 millions d’euros dont 57% pour les productions végétales, 38% pour les productions animales et 5% pour les services.
Le revenu net de l’entreprise agricole représente par actif non salarié 7 000 € en 2002, chiffre inférieur à la moyenne régionale et qui a peu augmenté depuis le dernier recensement.
Ces résultats présentent de grandes disparités. Il est intéressant de signaler :
· que les producteurs de fruits connaissent des difficultés depuis dix ans (gel, grêle et mévente des fruits) se répercutant sur le revenu par actif,
· que le développement de la pluri-activité chez les chefs d’exploitation (30 %), mais aussi l’emploi extérieur pour les autres membres de la famille génère des revenus complémentaires. Non intégrés au revenu de l’exploitation agricole, ils participent largement à l’équilibre du budget familial,
· que l’agriculture iséroise ouverte sur les marchés de proximité, résiste mieux aux crises conjoncturelles.
En complément, ci-après, voir les chiffres du mémento Agreste Rhône-Alpes
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