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Environnement

Environnement - octobre 2006


Malgré un développement économique intense et une forte poussée de l'urbanisation, l'Isère conserve des milieux intacts, à l'abri des convoitises et des infrastructures de déplacement faisant ainsi écho à Stendhal, Claudel, aux peintres dauphinois qui ont pu les qualifier, suivant leur tempérament et leur sensibilité d'exceptionnels voire de sublimes.

Collines et montagnes, lacs, étangs, mares, rivières et fleuve, forêts feuillues et résineuses, larges plaines limoneuses composent ce cadre de vie contrasté hérité d'une histoire géologique complexe qui mêle calcaires, granits, schistes alluvions, modelés et rabotés par les glaciers, laissant de leur passage des dépôts morainiques qui permettent d'évaluer la hauteur de ces fleuves de glace du quaternaire.

La cigale qui chante aux portes de Grenoble ouvre ses ailes au soleil ; la rainette méridionale fréquente les zones humides du Grésivaudan.

A Chamrousse, le pin cembro en limite occidentale de son aire de répartition souligne de ses frondaisons bleu vert les ourlets montagneux de Belledonne (Belladonna) la belle dame vers laquelle s'échappent nos regards jamais lassés de cette perspective à la fois si proche et si lointaine ; tandis que le long du Rhône et de l'Isère, la forêt alluviale reste un éternel objet d'émerveillement sous les couleurs d'automne et le chant des oiseaux.

Une topographie également variée, un étagement altitudinal de 3 800 m, une climatologie qui décline son caractère continental, montagnard, méditerranéen introduisent dans les grands ensembles structuraux du département des variations supplémentaires, des nuances appréciées par le forestier, le botaniste, le chasseur ; ici sur les adrets, de l'amélanchier et du pin à crochet qu'apprécie la discrète perdrix bartavelle, ailleurs une puissante forêt de conifères refuge des Chartreux et océan de silence.

Plus loin et plus haut les pelouses fréquentées en été par les moutons transhumants et par les chamois. Enfin les rochers et les neiges éternelles, terres désolées du lagopède, mais bastions de l'alpinisme et du tourisme hivernal développé au sein des plus grandes stations françaises.

Curieusement la " prise en main " collective de ce patrimoine dans un souci de conservation a été plutôt tardive peut être parce que suivant l'adage " trop de biens nuit ".



Les principales étapes de cette politique s'écrivent ainsi.


1973 : création du Parc National des Ecrins (1/3 Isère - 2/3 Hautes Alpes) qui succède au Parc National de Pelvoux (1913 - 11 000 ha) et couvre sur 7 communes de l'Oisans 30 000 ha en zone centrale.

1985 - 1997 : à l'initiative de la DDAF de l'Isère qui a dirigé et conduit le processus d'élaboration de tous ces projets, création des réserves naturelles nationales du Vercors (1985), de la Platière (1986) du Lac Luitel (1991) du Grand Lemps Chabons (1993) des Hauts de Chartreuse (1997) correspondant à une surface protégée par décret d'environ 15 000 ha.

Parallèlement, la parution en 1985 du catalogue des ZNIEFF (1ère génération) résultant d'un travail d'inventaire Faune Flore mené sous l'égide du Muséum National d'Histoire Naturelle par la DIREN Rhône-Alpes a permis de focaliser l'attention des aménageurs et des naturalistes sur des espaces considérés comme moins prestigieux.

Ainsi, 361 zones naturelles d'intérêt écologique faunistique et floristique de type 1 ont été décrites et matérialisées sur des cartes au 1/50 000ème. L'acronyme ZNIEFF est aujourd'hui bien admis ; la seconde génération, avec ses 601 zones de type 1 en cours de validation, est plus performante car plus détaillée, donc plus convaincante et lisible avec des contours topographiques précis reportés sur des cartes au 1/25 000ème.

Dans l'effort de protection des zones humides, petites enclaves de biodiversité au milieu de la nature banale, il faut intégrer l'ensemble des 22 arrêtés de biotope dont la rédaction commencée il y a 22 ans pour la plus ancienne (marais de la Verronnière à Paladru) se poursuit aujourd'hui avec la même volonté de sauvetage face aux menaces (remblaiement, curage) qui pèsent toujours sur ce type de milieux longtemps décriés.

Enfin, la politique européenne de l'Environnement concrétisée, pour la sauvegarde de la nature, par les directives Oiseaux et Habitats s'exprime également en Isère : au nom de la biodiversité et de ce qu'il est convenu d'appeler le développement soutenable pour la planète, 23 sites différents ont pu être proposés pour être intégrés au réseau Natura 2000 dans les zones biogéographiques continentale et alpine.

Ces espaces emblématiques (8% du territoire) se verront octroyer une position privilégiée dans l'aménagement du territoire et la gestion de l'espace.

En clair ils constitueront des territoires de référence et d'expérimentation pour la nouvelle politique agricole commune dont les crédits, préférentiellement orientés, accompagneront les efforts des usagers de l'espace vers un mieux disant environnemental explicite et contrôlé.